Bill Gates, un philanthrope qui veut notre bien à tous ?

Ciblé par de nombreuses théories du complot en cette période de crise, Bill Gates est néanmoins dépeint comme un philanthrope bienveillant qui dépense sans compter pour faire avancer le monde.
En y regardant de plus près pourtant, la situation ne semble pas si idyllique sous le joli vernis brillant.

Si Bill Gates est l’objet de très nombreuses théories du complot, il est surtout défendu par les médias, ainsi qu’il est possible de le lire dans cet article de LCI

LCI – Il avait prédit une pandémie : multimilliardaire philanthrope, Bill Gates donne des millions contre le Covid-19
Temps de lecture: 6-7 minutes.

Pourtant Lionel Astruc avait l’année dernière, présenté un travail d’investigation sur Bill Gates et sa fondation et publié un libre: L’art de la fausse générosité – La fondation Bill et Melinda Gates
Il le présentait en avril 2019 sur France 24.

Youtube – Fondation Bill & Melinda Gates : un outil au service des multinationales ?
13 minutes.

Son travail est également discuté sur différents sites (dont la lecture est vraiment intéressante).

Le Devoir – «L’art de la fausse générosité»: donner pour mieux prendre
Temps de lecture: 4-5 minutes.

cerphi.org – Veille – « L’art de la fausse générosité », un récit d’investigation sur la Fondation Bill et Melinda Gates, par Lionel Astruc
Temps de lecture: 6-8 minutes.

Carenews – [LIVRE] « L’art de la fausse générosité : La fondation Bill et Melinda Gates »
Temps de lecture: 5-7 minutes.

We Demain – “La philanthropie de Bill Gates alimente la machine capitaliste”
Temps de lecture: 10-12 minutes.

Lionel Astruc présente tout d’abord la Fondation Bill et Melinda Gates comme une fondation qui a eu un impact à priori bénéfique dans le domaine de la santé mais dont les méthodes sont particulièrement discutables.
D’après le journaliste, ces initiatives bénéfiques ne sont que “l’arbre qui cache la forêt”.

Ces articles, résumés, présentent le sujet ainsi:

La fondation Bill et Melinda Gates née du retentissant procès pour abus de position dominante, démarré en 1998 aux États-Unis, dans l’espoir de redorer l’image écornée de Bill Gates.

Très rapidement, la fondation va devenir “un acteur essentiel du développement international” en matière de santé et d’agriculture et la fondation la plus puissante au monde avec un budget avoisinant les 50 milliards de dollars annuel.

Mais Bill Gates est également très vite taxé de “philanthrocapitaliste”, un capitaliste avide qui soudainement décide de donner son argent.
Et pour cause, il s’agit d’avantage de capitalisme que de philanthropie, la fondation favorise des solutions aux problèmes du monde qui mettent en avant les multinationales (OGM, vaccins, Microsoft, …).
Or ces multinationales sont considérées comme les plus nocives pour la planète. De sorte que la fondation alimente précisément les fléaux contre lesquels elle prétend lutter.

De plus, Bill Gates, tandis qu’il pratique l’évasion fiscale, n’injecte pas son propre argent dans sa fondation mais uniquement les dividendes du fond d’investissement qui investit dans les mêmes multinationales.
Un conflit d’intérêt évident.

En matière de santé notamment, la Fondation Bill et Melinda Gates ne s’occupe que des maladies pour lesquelles il peut y avoir un vaccin, fourni par les multinationales dans lesquelles elle investit, aux dépends d’autres problèmes de santé parfois bien plus grave.
Mais avec l’influence de la fondation et de ses énormes investissements, ces autres problèmes de santé sont délaissés.

Par exemple, l’OMS, sous forte influence de la Fondation Bill et Melinda Gates, interdira des remèdes naturels efficaces et peu cher pour promouvoir à la place un vaccin coûteux.

Si Bill Gates, adepte d’un système économique dominé par les multinationales, ne voit pas de problème à ses actions, on ne peut que constater qu’une fondation, dénuée de contrôle démocratique et engluée dans des conflits d’intérêts indéniables, dispose d’un pouvoir similaire voir supérieur aux états eux-même et enrichie encore d’avantage Bill Gates lui-même et les plus riches de ce monde.
Au final, ce sont les 1% les plus riches qui s’accaparent encore un plus les richesses et le pouvoir sur le monde entier.


Lionel Astruc cite souvent le rapport Gated Development de Global Justice Now comme étant une de ses sources.
Ce rapport de 48 pages daté de 2016, aborde le sujet de l’éthique et des actions de la Fondation Bill et Melinda Gates dans un développement très intéressant et particulièrement bien sourcé (Les 10 dernières pages du rapport sont consacrées aux références ponctuant les affirmations de l’enquête).

Le rapport est librement accessible sur le site de l’organisation:

Global Justice Now – Gated Development – is the Gates Foundation always a force for good?

Le rapport étant en anglais, pour les non anglophones et ceux qui n’auraient pas le courage de le lire en entier, je vous propose un résumé rapide de ce rapport:

La Fondation Bill et Melinda Gates est probablement l’acteur le plus influent sur les problématiques de santé et d’agriculture dans le monde et distribue des aides souvent plus importantes que les états eux-mêmes.
Mais cela n’est pas de la charité, c’est un moyen de promouvoir une politique d’économie néolibérale globalisée qui profite avant tout aux plus importantes multinationales.

Dans le même temps, Global Justice Now s’inquiète que l’influence de la fondation soit tellement importante qu’aucune critique ne peut être formulée sans prendre le risque de perdre des financements.

La BBC a notamment déclaré que Bill Gates était “la voix la plus influente en matière de santé mondiale” (source).
Aucun gouvernement ou autre personnalité n’a autant d’influence, en particulier sans avoir de restrictions politiques.
Ceci représente une menace sérieuse pour la démocratie en générale, un acteur privé remet en cause tout le système d’aide planétaire en influençant les choix en matière de santé et d’agriculture selon ses propres intérêts, qui rejoignent ceux des multinationales, pas ceux des états et de leurs populations.

Or les preuves montrent que la fondation a acquit un rôle et une influence très importante dans de nombreuses organisations très influentes de part le monde.
Notamment, le couple Gates a une influence considérable sur les décideurs de l’OMS et donc des décisions de santé pour la planète entière.

Les sommes versées en tant que donations servent avant tout à acheter la loyauté d’acteurs influents pour permettre d’orienter les décisions. Dans le même temps, la critique envers la fondation est rendue impossible car ceux qui pourraient formuler des critiques sont justement ceux qui reçoivent de l’argent de la fondation.

Ainsi il ne serait pas surprenant de lire un article de presse ventant les mérites d’un projet financé par la Fondation Bill et Melinda Gates, qui serait écrit par un journaliste formé dans une école financée par la fondation, à partir d’un rapport écrit là encore par la fondation, basé sur des informations collectées et analysées par des scientifiques disposant de fonds provenant de la fondation.
Une omniprésence qui ne laisse que peu de place à un discours dissident.

Si globalement il n’est pas question de dire que tous les projets de la Fondation Bill et Melinda Gates sont basés sur de mauvaises intentions, Bill Gates essayant sincèrement d’aider les populations les plus pauvres, il est à noter qu’aucune véritable évaluation indépendante des impacts de ces projets n’est mise en place.
Et même si la fondation était bénigne, il n’en resterait pas moins inquiétant qu’elle dispose d’un pouvoir de propagande si important qu’elle peut influencer à elle seule des décisions concernant le monde entier.

Mais précisément, la stratégie de la fondation n’est pas neutre et charitable, de sorte que le monde entier pourrait lui être reconnaissante. La fondation a un agenda bien précis visant à promouvoir une économie néo-libérale et une globalisation dominée par les multinationales et leurs technologies.

Mais tandis que les multinationales bénéficient directement des actions de la Fondation Bill et Melinda Gates, en particulier dans le domaine de la santé et de l’agriculture, rien ne prouve pourtant que ces technologies soient les plus efficaces pour régler les problèmes de fond.
Bien au contraire, la recherche permanente de profit n’arrange en rien les problématiques d’inégalité et de pauvreté qui touchent gravement les pays en voie de développement dans lesquels la fondation est très active.
C’est d’autant plus le cas alors que les gouvernements doivent réduire leur dépenses pour faire des économies, laissant d’avantage de place aux multinationales et aggravant encore d’avantage les inégalités.

En matière d’agriculture notamment, alors que la Fondation Bill et Melinda Gates a longtemps détenu une part importante du capital de la multinationale Monsanto via son fond d’investissement, elle a également travaillé conjointement avec l’IFAD (International Fund for Agricultural Development) pour pousser l’usage de l’agriculture intensive en Afrique, à grand renfort de pesticides, d’engrais et d’OGM.
Un conflit d’intérêt manifeste !

Dans le même temps, alors que les fermiers africains utilisent encore majoritairement leurs propres graines, la fondation Gates, via AGRA (Alliance for a Green Revolution in Africa), encourage l’usage de semences OGM.
Ce qui a pour effet de faire perdre leur autonomie à ces fermiers et les enferment dans un modèle commercial de semences à usage unique qui profite là encore aux multinationales de l’agroalimentaire au détriment des populations locales.

Une étude a d’ailleurs démontré que la Fondation Bill et Melinda Gates ne s’est jamais intéressée aux connaissances et aux méthodes des fermiers locaux mais a préféré implanter l’usage de la technologie proposée par les multinationales (source).

Or les multinationales de l’agroalimentaire essayent justement de conquérir de nouveaux marchés en Afrique et essayent de faire changer les lois pour imposer leurs produits.
La fondation fait du lobbying en ce sens pour favoriser un assouplissement des lois africaines en sa faveur, avec comme finalité de faire basculer l’Afrique vers un système commercial complètement verrouillé à base de semences OGM, d’engrais chimiques et de pesticides.

La fondation est le plus important promoteur d’engrais chimique en Afrique et a participé à la mise en place de l’ensemble de la chaîne de distribution.
Dans le même temps, elle pratique la “biopiraterie” en déposant des brevets sur les plantes et semences locales afin de détenir les droits sur les usages et les ventes (source), privant ainsi les populations autochtones de l’usage de leur plantes locales.

Ce ne devrait donc pas être une surprise de savoir que la plupart des cadres de la fondation en charge des questions d’agriculture sont des anciens cadres de l’industrie agroalimentaire.

Bill Gates utilise là les mêmes méthodes qui ont fait sa fortune avec Microsoft via sa politique de monopole forcée et sa politique agressive de dépôt de brevets.
Cela permet à Bill Gates de continuer à s’enrichir, en effet, alors qu’on pourrait penser qu’il donne son argent, en réalité sa fortune a augmenté de 56 milliards à 79 milliards de dollars entre 2011 et 2015. Soit 23 milliards en seulement 4 ans ! (Le rapport est daté de 2016, sa fortune est estimée à 118 milliards de dollars en 2020 ! Soit 39 milliards de plus en 5 ans).

En matière de santé, l’autre principal cheval de bataille de la Fondation Bill et Melinda Gates, on retrouve encore le mécanisme des cadres de la fondation issus des grands laboratoires pharmaceutiques dans lesquels elle investit.

Or la fondation GAVI, principalement financée par Gates, encourage et facilite l’accès aux vaccins mis à disposition par l’industrie pharmaceutique.
Ce qui pourrait paraître comme une bonne intention de prime abord si l’on occulte le fait que la Fondation Bill et Melinda Gates ne s’intéresse qu’aux maladies qui peuvent êtres traitées par un vaccin, délaissant toute autre maladie, même si elle se trouve être plus problématique pour les populations concernées.

Le professeur David McCoy a notamment critiqué l’approche de la fondation, consistant à régler les problèmes de santé publique avec des vaccins coûteux alors que bien souvent la solution pourrait être davantage d’ordre sociale, économique ou politique. Bien souvent l’hygiène et un accès à de l’eau propre sont les principaux problèmes.

Pour la malaria par exemple, la Fondation Bill et Melinda Gates privilégie la vaccination tandis que l’éradication de la maladie en Europe a été le résultat de mesures environnementales, telles que le drainage des marécages et l’amélioration de l’hygiène, ainsi que d’un développement économique à grande échelle.

Mais la puissance financière de la fondation, orientée vers la vaccination uniquement, est telle qu’elle détourne les choix de santé publique vers les solution à base de vaccination, occultant les autres problèmes de santé des pays où elle est présente.
Cette obsession pour la vaccination bénéficie directement aux grands laboratoires pharmaceutiques dans lesquels la fondation détient des parts de capital.

Or, avec le soutient et le prestige de la fondation, les grands laboratoires disposent d’une influence très importante dans les décisions de santé publique des états et des grandes organisations de santé, dont l’OMS, mettant en avant leurs propres profits avant l’intérêt des populations.

Avec de nombreux cadres de la fondation provenant des multinationales et une volonté affirmée d’inclure ces dernières dans les processus de décisions, la Fondation Bill et Melinda Gates est un formidable promoteur de l’industrie privée et fait avancer le monde vers une globalisation dominée par les multinationales, oubliant de fait que ce sont elles qui sont responsables de la plupart des problèmes de santé et d’alimentation du monde moderne.

En fin de compte, en matière de santé et d’agriculture, la Fondation Bill et Melinda Gates, avec les sommes énormes qu’elle investit détient tous les organes de pouvoir et de décision du monde moderne.


Alors est-ce que Bill Gates est un philanthrope qui veut sauver la planète ?

Tout semble indiquer que non, la “philanthropie” de Bill Gates semble d’avantage être une gigantesque opération financière visant à imposer les multinationales comme la seule et unique alternative en usant des mêmes méthodes qui ont fait sa richesse avec Microsoft, politique de brevet agressive visant à s’accaparer des biens publics pour en détenir les droits et en contrôler l’usage, s’imposer de force comme la seule alternative existante et investir massivement pour s’implanter partout et faire disparaître la concurrence.
Finalement plutôt que donner son argent pour aider le monde, Bill Gates continue à s’enrichir toujours plus au dépends des plus pauvres.

Et la même pratique commerciale semble être dorénavant utilisée dans les pays développés avec une obligation vaccinale contre le covid qui tente de s’imposer, tout en discréditant systématiquement tout autre remède existant, même s’il a déjà fait ses preuves.

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